SLY & ROBBIE«Blackwood Dub»

Groove Attack Records, 2012

KS4310 (Disponible au Discobus 4)

REGGAE DUB

Sly and Robbie est un duo de musiciens jamaïcains qui ont écrit l’histoire du reggae.

Ils ont joué avec Peter Tosh, Serge Gainsbourg, Bob Marley et ont des participations incalculables dans diverses formations.

Lowell « Sly » Dunbar est né le 10 mai 1952, à Kingston (Jamaïque).

Robert « Robbie » Shakespeare est né le 27 septembre 1953, également à Kingston.

La fréquentation des studios va permettre leur rencontre et ils joueront pour la première fois en 1975 au sein du groupe The Revolutionaries.

Une grande complicité entre les deux hommes et une passion commune pour la musique (fans des productions de la Motown, fins connaisseurs de la musique country, admirateurs du reggae en général) marquent l’émergence du mythe.

Réunis à nouveau sur ce Blackwood Dub, les faux-jumeaux de la grosse basse et de la batterie au kick démoniaque se révèlent dans un mix instrumental à faire pâlir de honte les rois du digital et de l’ordinateur. Leurs multiples activités leur laissant un peu de répit, ils ont rassemblé en studio une bande de copains ayant les mêmes prédispositions pour le. rythme. Ils ont mixé un ouvrage pur orchestral de dix plages reggae-dub basiques et efficaces.

The masters of rythm. YO

(Disponibilité de ce CD)

sly_robbie_blackwood_dub discobus4

 

Décès de Lincoln « Sugar » Minott

REGGAE

Après des débuts timides au sein des African Brothers, le succès vient du milieu des sound-systems où, à la suite des morceaux originaux, Sugar Minott remplit de de sa voix douce les espaces dubbés dans une position jusqu’alors dévolue aux seuls dee-jays. Précurseur, c’est cette pratique qui le conduit chez Studio One dans la deuxième partie des années septante. Aux côtés de Freddie McGregor ou Johnny Osbourne, il recycle alors avec bonheur les instrumentaux mythiques de la Motown jamaïcaine (c.f. KM6230 « Sugar Minott At Studio One »).

Au début des années 80, il se lance dans l’auto-production via l’incontournable album « Black Roots » (qui donnera son nom au label, c.f. KM6224) et sa séquelle « Roots Lover » (KM6199). La structure se développe, prend le nom de Youth Promotion : sound-system, studio,… Sugar Minott receuille et forme les talents en devenir. Yami Bolo, Tenor Saw ou Garnet Silk lui doivent beaucoup! Parallèlement, la décennie avançant, il devient un producteur à succès (pour exemple l’excellente compilation « Roots & Dub » K 7505), s’associe avec le label new-yorkais Wackie’s, s’essaie à tous les styles.

Depuis quelques années, sa carrière est plus discrète, quelques perles plus éparses voient néanmoins le jour. Et ce 10 juillet, la nouvelle tombe. A 54 ans, une crise cardiaque vient de terrasser la voix de sucre. Le monde du reggae est en deuil, les verbes de cette vie se conjuguent désormais au passé… La musique jamaïcaine vient de perdre l’un de ses plus fervents contributeurs.….. PL

(Disponibilié des CD de Lincoln Sugar Minott)

THE JOLLY BROTHERS « Conscious Man »

Roots Records  (1992)

REGGAE

KJ7055 (Disponible sur commande)

Ressorti des limbes au début des années nonante, et n’ayant pas profité de la vague de rééditions consacrées depuis au producteur Lee ‘Scratch ‘ Perry (Junior Murvin, The Heptones, Max Romeo, …), ce disque demeure quasiment introuvable. Souffrant à l’époque de l’ombre imposante de l’album des Congos parut à la même période (« Heart Of The Congos », 1977 [KC7001]), les Jolly Brothers signent pourtant avec « Conscious Man » un disque sympathique dans la plus pure tradition du légendaire studio Black Ark.

Cleveland Lewis, Leonard Gordon et Winston Edwards n’atteignent certes pas la qualité des harmonies vocales du trio mythique de l’Arche Noire, mais la conviction qui les anime l’emporte sur des titres comme le sublime et désespéré « Back Biter » ou le psychédélique « Conscious Man » d’ouverture. Lire la suite

MAJOR LAZER « Guns Don’t Kill People… Lazers Do »

Cooperative Music/ V2 Records  (2009)

REGGAE

KM0968 (disponible sur commande)

« One good thing about music, when it hits you feel no pain », chantait Marley. Trente ans plus tard, Major Lazer a lui décidé de taper fort. Très fort! Trop fort ?

Derrière cet énigmatique personnage se cachent en fait les producteurs de M.I.A. et Santogold: Diplo et Switch, dont on connaissait le goût prononcé pour la recherche de sonorités loufoques et lestées de basses, le métissage et un côté bling-bling affirmé. Après quelques escapades brésiliennes et une série de mix-tapes à la clef, nous les retrouvons ici sur le sol jamaïcain. Une influence déjà revendiquée  sur la compilation « A Diplo Dub » avec Santogold et dont l’impact immédiat ne faisait alors aucun doute dans une playlist où se télescopaient joyeusement  reggae, house et hip-hop. Une évidence concrétisée par un séjour de trois mois à Kingston; trois mois de rencontres (pas moins de vingt invités sur l’album!) et qu’on imagine passés à arpenter les soirées branchées de la capitale jamaïcaine. Le dance-hall, un lieu mais aussi une musique à la syncope facile, une rythmique, un « riddim », à l’efficacité primale, gonflé aux amphétamines et aux enluminures baroques. Un terrain de jeu parfait en somme pour le Major Lazer. Lire la suite

JAH SHAKA « Presents The Positive Message »

Greensleeves Records (2009)

REGGAE

KS1359 (disponible sur commande)

Depuis quelques temps, et par delà son travail de réédition, Greensleeves tente de faire fructifier son catalogue en appliquant une méthode par ailleurs bien connue: demander à de prestigieux invités d’en exhumer quelques perles. Après Madlib ou DJ Shortkut, c’est vers la légende Jah Shaka que le label se tourne.

Monté fin des années septante, le label Greensleeves est dans les années quatre-vingt l’un des principaux distributeurs anglais de reggae. Or à cette période en Jamaïque, une page se tourne musicalement. Délaissant les thèmes rastas, une nouvelle génération de chanteurs et de deejays émerge et se concentre sur des sujets plus triviaux. Le reggae devient dance-hall, une musique avant tout festive; les soirées sont l’épicentre de la communauté musicale de l’île. Londres ne tarde pas à succomber à cette déferlante aux sonorités digitales. Mais en marge de ce phénomène, certains anglais vont au contraire radicaliser leur propos afro-centriste, social et religieux. Jah Shaka en est alors le fer de lance, un mythe. Une « dance » de Shaka, comme disent les anglais, est une expérience, une sorte de grand messe où la spiritualité éclot au coeur d’un son lourd comme les âges, porté par des basses ronflantes et autres imprécations rasta. Lire la suite