NICKEL CREEK “A Dotted Line”

Nonesuch Records, 2014

MUSIQUES DU MONDE
USA BLUEGRASS PROGRESSIF

MC1007 (Disponible au Discobus 4)

NICKEL CREEK A Dotted Line Pointculture mobile 1Avec déjà vingt-cinq ans de carrière, le trio Nickel Creek a sorti un septième album, sept ans après le précédent. Le miroir s’était sans doute brisé après leur tournée d’adieu en 2007. Quelques albums solos pour se prouver qu’ils existaient  indépendamment les uns des autres, et puis ils ont recollé dix morceaux pour A Dotted Line.

Ils avaient commencé tôt la musique. Encore gamins, Chris Thile et Sean Watkins s’étaient rencontrés alors qu’ils étudiaient la mandoline. La sœur de Sean s’est jointe à ce duo et, en 1989, ils ont lancé ce qui devait être probablement un des plus grands groupes de bluegrass progressif.

Mais qu’appelle-t-on du bluegrass progressif ?
D’abord c’est du bluegrass : des instruments acoustiques – surtout le banjo, le violon, la guitare et la mandoline, un rythme bien enlevé, voire effréné, des harmonies vocales avec des accords parfaits, des enchainements délicats, des solos époustouflants et quelques douces ballades nostalgiques sur des thèmes amoureux. Dans le courant des années 60-70, certains groupes de bluegrass introduisent des instruments électriques, abandonnent occasionnellement les morceaux traditionnels pour arranger des titres rock, pop ou jazz. Certains autres incorporent une progression d’accords non traditionnelle. À l’occasion, quelques longues impros entrainent la mélodie vers de nouveaux territoires musicaux. Ça, c’est pour le côté progressif.

Et Nickel Creek dans tout ça ?
Trois talentueux musiciens. Chris Thile à la mandoline ou au bouzouki, Sara Watkins au violon et son frère Sean à la guitare. Tous trois au chant, ensemble ou seuls. Ils fréquentent du beau monde comme Alison Krauss, Jackson Browne et même John Paul Jones de Led Zeppelin.

Pour A Dottted Line, leur bluegrass progressif est acoustique, raffiné et d’un style relativement classique. Si on excepte l’exécrable pop-dance Hayloft, cet album alterne les ballades aux harmonies vocales attachantes (Rest Of My Life, Christmas Eve), les morceaux énergiques (Destination et You Don’t Know What’s Going On), les instrumentaux et les complaintes mélancoliques (surtout le beau Love Of Mine).

Mon coup de cœur ? Where Is Love Now. Une mélodie émouvante, sobre, portée par la voix vibrante de Sara Watkins, doucement posée sur un coussin de guitare et de fine mandoline.

Un album qui se termine avec des points de suspension … A Dotted Line.  DM

(Disponibilité de ce CD)

Hommage à DOC WATSON

.MUSIQUE DU MONDE   USA

Avec Woody Guthrie, Pete Seeger et Bob Dylan, Doc Watson est une figure emblématique de la musique folk des USA.

Né en 1923 dans les montagnes des Appalaches aux États-Unis, Arthel Lane Watson perd la vue alors qu’il n’a que quelques mois. Il montre rapidement son intérêt et ses dons pour le chant et la guitare et, à dix-huit ans, il est déjà un pro de la guitare. Lors d’un enregistrement en public, un des spectateurs le surnomme « Doc », se référant probablement au Dr Watson (acolyte de Sherlock Holmes). Ce surnom lui est resté.

Dans les années soixante, il se consacre uniquement à la guitare acoustique et au banjo.

Il joue dans le style bluegrass, une musique country rythmée jouée au banjo, à la guitare acoustique, à la mandoline, à la contrebasse et au violon. Doc Watson joue avec un médiator (onglet) dans une technique (flat-picking) requérant beaucoup de travail et d’agilité des doigts et de la main. Sur sa musique, il y pose une voix chaude et grave, pleine d’humanité.

Il sort quelques disques qui font vite sa renommée (comme l’album Doc Watson en 1964) et associe son fils Merle à ses productions. Ils jouent en duo, puis, dans les années septante, en trio avec T. Michael Coleman à la basse. À trois, ils enregistrent plus de quinze albums, jusqu’au décès de Merle, en 1985, dans un accident de tracteur.

La popularité de Doc Watson ne faiblit jamais et il reçoit beaucoup de distinctions et de Grammy Awards tout au long de sa carrière musicale.

Il est mort ce 29 mai 2012, à 89 ans, des suites d’une opération au colon.

Nous lui rendons hommage au discobus 4 avec plusieurs CD, en solo ou avec son fils. DM

(Discographie de Doc Watson)

THE INFAMOUS STRINGDUSTERS « Silver Sky »

Sugar Hill Records, 2010

MUSIQUE DU MONDE    USA BLUEGRASS

MB61.. (Prochainement au Discobus 4)

Il n’y a apparemment pas de lien entre le bluegrass et le hip hop. Pourtant Silver Sky a été produit grâce à l’aide de Billy Hume (David Banner, Nas). Certainement la raison qui lui donne un ton si énergique et si entraînant.

Plus encore que sur leur excellent album studio précédent Things That Fly, les musiciens virtuoses donnent de la pèche à des ballades où les instruments se répondent, s’entremêlent, s’adonnent à des solos successifs, seulement interrompus par des voix qui se combinent en accords parfaits.

The Hitchiker et Like I Do ont un schéma assez identique : après le thème chanté (couplet, refrain), un pont vient casser le rythme : un solo de dobro qui démarre sur le rythme obsédant du violon. Enfin, le thème nous revient dans la dernière minute.

La musique suggère la randonnée à cheval (Don’t Mean Nothin’), qui passe au galop (When the Night Comes Around), s’envole comme des Rockets vers la lune (une reprise bluegrass-reggae de Walking On The Moon de Police – originale mais dispensable).

Un instrumental vient nous aider à reprendre notre souffle au milieu de cet opus. On aurait plutôt aimé une ballade douce …

dobro

Un bluegrass de mecs, rythmé et  nerveux.  DM

(Disponibilité de ce CD)

Sarah JAROSZ « Follow Me Down »

Sugar Hill, 2011

MUSIQUE DU MONDE ETATS-UNIS BLUEGRASS

MB6383 (Disponible au Discobus 4)

La valeur n’attend pas le nombre des années. En effet, Sarah Jarosz a commencé la mandoline à dix ans, jouait déjà sur scène à quatorze ans et tapait le boeuf avec des musiciens comme Ricky Skaggs.

À maintenant vingt ans, cette Texane écrit et compose des ballades douces, dans un bluegrass très mélodieux et acoustique, avec les incontournables intruments appropriés à ce style musical : guitare, banjo, violon, mandoline, dobro, basse et batterie.

« Follow Me Down » est son deuxième album et se veut plus proche de ses racines musicales que le précédent.

« Run Away » est assurément le morceau phare de ce CD. Une ballade douce et romantique, une chanson pour adolescent en mal de Twilight : « J’ai enterré mon coeur dans un saule, tu es venu et tu me l’as rendu ». Un hit, qu’Alison Krauss n’a pas hésité à reprendre en duo avec elle, ultérieurement (voir clip). D’ailleurs, son bassiste est le frère d’Alison et les deux chanteuses ont le même producteur.

« My Muse » est un excellent chant d’amour, mélodieux, qui invite à la quiétude et au rêve.

« Ring Them Bells » est une reprise délicate de Bob Dylan et « The Tourist » est un bon remaniement bluegrass de Radiohead.

Les autres titres se déclinent entre ballades calmes et morceaux un peu plus énergiques, ainsi que deux instrumentaux « Old Smitty », enjoué et plein de fraîcheur, et « Peace » qui clôt l’album en douceur.

Un album de valeur, pas toujours très original, mais plaisant. DM

(Disponibilité de ce CD)

Alison KRAUSS & UNION STATION « Paper Airplane »

Rounder, 2011

MUSIQUE DU MONDE ….USA

MB7482 (Disponible au Discobus 4)

Alison Krauss s’était fait connaître bien plus pour son album avec Robert Plant ou sa musique de « Buffy contre les vampires » que pour ses productions personnelles avec son groupe, Union Station. Et c’est dommage !

On peut s’en rendre compte directement dès la première chanson « Paper Airplane »: sa voix est fragile, angélique et émouvante.

Dans cet album délicat, elle enchaîne les ballades mélodieuses (« Lie Awake », « Lay My Burden Down » ou l’excellente reprise de Richard Thompson « Dimming Of The Day »).

L’accompagnement est propre, les instruments astucieusement agencés par des musiciens vraiment talentueux (un banjo omniprésent mais modeste, des solos de guitare ou de violon courts et pertinents).

À trois reprises, elle s’efface pour laisser son groupe chanter, comme sur « On the Outside Looking In », une belle ballade bluegrass qu’on aimerait interpréter avec eux.

Cet album de country contemporaine, mélange de pop et de bluegrass est un vrai bijou. DM

(Disponibilité de ce CD)