Armand AMAR « AO »

Long Distance, 2010

MUSIQUE DE FILM

YA7047 (Disponible au Discobus 4)

Armand Amar, Français d’origine marocaine, a composé de nombreuses musiques de film sans pourtant être encore bien connu du grand public. On lui doit entre autres : « Va, vis et deviens » et « Le concert » (films sublimes de Mihailenu), mais aussi « Indigènes » et « Hors la loi » de Bouchareb, « La Terre vue du ciel » et « Home » de Yann Arthus-Bertrand. Et aussi « Bab Aziz » de Nacer Khemir, un excellent CD à placer entre musiques de film et musiques du monde.

En plus d’un orchestre conventionnel, Armand Amar utilise des instruments plus exotiques comme le gong, l’ehru (sorte de violon chinois à deux cordes), les flûtes bansouri, les percussions marocaines, le doudouk (instrument arménien à anche double qui évoque souvent la mélancolie, la tristesse).

« AO, le dernier Néandertal », c’est l’histoire d’Ao, un néandertalien qui, très jeune, quitte sa tribu moribonde car il fait l’objet d’un échange. Devenu adulte, il tente de retrouver son frère, avec l’aide d’une Homo sapiens. Entre l’homme et la femme se noue une histoire peu commune entre deux espèces bien différentes. Le film a été réalisé par Jacques Malaterre (voir les documentaires « L’Odyssée de l’espèce » et « Homo Sapiens ») et, sans être un chef-d’œuvre, est un film attachant.

Pour cette bande originale, Armand Amar a mis l’accent sur l’ambiance plus que sur la mélodie.

Dès le premier morceau, des voix bulgares donnent le ton et une impression d’espace, de vastes plaines. Puis vient «  Néandertal », une longue suite qui débute avec une douce mélodie empreinte de nostalgie jouée à l’ehru et qui oscille ensuite entre la douceur des cordes, suivie de percussions suggérant davantage l’action.

Sur « Les 2 frères », l’orchestre aborde un thème plein de douceur et de tristesse, ce que vient renforcer l’utilisation du doudouk à la fin du morceau.

À écouter surtout : « Aki », avec le violoncelle, dépouillé et gracieux, « L’Empreinte » aérien puis avec un crescendo, « Le Voyage » beau et évocateur, et enfin « Le Dernier » triste à mourir. Pour un film comme celui-là, où les dialogues sont faits de grognements divers, seule la musique d’Armand Amar pouvait refléter toute la combinaison des sentiments et des pensées des personnages.  DM

(Disponibilité de ce CD)