Claudio Abbado : un grand artiste nous a quitté

CLASSIQUE

Claudio Abbado  PointCulture mobile 1Une disparition discrète pour ce  chef d’orchestre humain et généreux, qui n’a jamais recherché les honneurs mais qui a pleinement réalisé sa vocation d’artiste.

Né à Milan en 1933 de parents musiciens qui l’initient au piano et à l’orgue, voici comment Claudio Abbado raconte l’origine de sa vocation dans une interview de 2002:  « J’avais 7 ans; nous étions à la veille de la guerre quand j’ai assisté, grâce à mon frère, au premier concert de ma vie : il était donné à la Scala par un grand artiste, Antonio Guarnieri, qui dirigeait les trois Nocturnes de Claude Debussy. Quand, dans Fêtes, le deuxième mouvement, j’ai entendu sonner les trompettes et les bois, j’ai ressenti un choc magique, inoubliable. Avec ma naïveté d’enfant, je me suis dit : “Un jour, toi aussi, tu seras capable de créer ces fabuleuses harmonies”…

Sa carrière est un extraordinaire parcours marqué notamment par son élection au Berliner Philharmoniker en 1989, après la mort de Karajan. Mais insistons plutôt sur quelques-unes de ses qualités humaines et artistiques qui ont fait de lui une des personnalités musicales les plus attachantes du XXème siècle et de ce début du XXIème.

Non content des postes prestigieux qui lui ont été proposés, il n’a eu de cesse de mettre à la portée du plus grand nombre les chefs d’œuvre du passé mais aussi la musique de son temps. Artiste engagé, il ne dirige pas seulement dans les salles de concert mais aussi dans les usines, les écoles …

Il s’est également consacré activement à la formation des jeunes musiciens – chefs d’orchestre et instrumentistes – pour assurer la relève. Sous son impulsion, diverses formations de grande qualité ont vu le jour et ont évolué : Orchestre des jeunes de la Communauté Européenne élargi  à Vienne en 1986 en devenant le Mahler Jugenorchester…

Doué d’une extraordinaire mémoire, il dirigeait par cœur même les opéras les plus longs. Sa gestique est exemplaire et élégante, exempte de tout effet spectaculaire. Marqué dans sa jeunesse par l’autoritarisme de Toscanini, il a plutôt cherché la collaboration de ses musiciens par l’écoute et la bienveillance.

Et puis, tout bascule en 2000, lorsqu’il est atteint par la maladie. Dans un premier temps très affaibli, il revient transformé deux ans plus tard avec une force nouvelle:« J’ai appris des choses nouvelles, cette interruption a été une expérience exceptionnelle qui fait que je vois et sens tout de manière différente. »

Claudio Abbado 2 PointCulture mobile 1L’une de ses plus belles réalisations durant cette période est la relance en 2003 de l’orchestre du Festival de Lucerne qui se distingue par la qualité exceptionnelle de ses membres: des solistes, des musiciens issus des plus grands orchestres (Berlin et Vienne notamment) ou d’ensembles de chambre de renom, autour du noyau du Mahler Chamber Orchestra.

A l’origine, ce festival, créé en 1938 avec Toscanini à la tête de l’orchestre, a permis à de grands musiciens allemands hostiles au nazisme de se produire en dehors de l’Allemagne.

Ces dernières années, c’est avec un enthousiasme sans faille que les musiciens de l’orchestre se retrouvaient. Il faut dire que Claudio Abbado a illuminé par sa présence les concerts de ce festival. Les enregistrements remarquables, notamment sur DVD peuvent en témoigner.

A voir et à entendre absolument; la Deuxième symphonie de Mahler, œuvre fétiche de Claudio Abbado et La mer de Debussy en 2003. Mais ce ne sont que des exemples parmi d’autres.

La dernière née de ses formations est l’Orchestra Mozart de Bologne avec des instruments anciens.

Avec Isabelle Faust, l’une des violonistes les plus douées de la jeune génération, il a gravé des versions bouleversantes des concertos de Beethoven et de Berg.

Au- delà de la mort, son rayonnement n’est pas prêt de s’éteindre et il rejoindra les grandes figures qui restent vivantes et nourrissent notre émerveillement pour la musique.

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Voici quelques étapes importantes de sa vie d’artiste avec quelques enregistrements parmi les plus réussis dans une discographie impressionnante et dont une sélection est actuellement présente au PointCulture mobile n°1  (PD)

->        1958: 1er lauréat du concours Koussevitzky à Tanglewood

->        1963: assistant de Bernstein à New-York et prix Mitropoulos

->        1967: enregistrements du concerto en sol de Ravel et le troisième de Prokofiev avec Martha Argérich et l’orchestre de Berlin

->        1968-1986: chef principal puis directeur musical de la Scala
enregistrements:

–  Macbeth;  Requiem de Verdi

->        1979-1989: chef principal puis directeur musical du London Symphony Orchestra
enregistrements:

– Carmen de Bizet  avec Teresa Berganza et Placido Domingo

–  Alexandre Newsky de Prokofiev

–  Le Barbier de Séville de Rossini

– les oeuvres pour orchestre de Ravel

->    1986-1991: directeur musical de l’Opéra de Vienne et chef principal de l’Orchestre Philharmonique de Vienne
enregistrements:

– Messe D.950 de Schubert

– Pelleas et Mélisande de Debussy

– Wozzeck de Berg

->     1989-2002: chef principal du Berliner Philharmoniker (par élection)
enregistrements:

–  les symphonies et les concertos pour piano (avec Pollini) de Beethoven

–  les concertos pour flûte de Mozart avec Emmanuel Pahud

–  Sinfonietta et Journal d’un disparu de Janacek

–  oeuvres pour choeur et orchestre de Brahms

->    2002-2014: activités ralenties par la maladie (depuis 2000) mais qui seront marquées par de magnifiques réalisations avec l’Orchestre du Festival de Lucerne, l’Orchestra Mozart de Bologne, la ville où il est décédé le 20 janvier 2014.
enregistrements:

– Plusieurs symphonies de Mahler dont la deuxième et la neuvième, dernière en date (2011); La mer de Debussy avec Lucerne

– concertos pour violon de Beethoven et Berg avec Isabelle Faust et l’Orchestra Mozart

– 2ème symphonie de Schumann avec le même orchestre

..Claudio Abbado 3 PointCulture mobile 1

ERASMUS VAN ROTTERDAM : Eloge de la folie

Alia Vox, 2012. Enregistrement 1988

CLASSIQUE RENAISSANCE

AA7250 ( Disponible au PointCulture mobile N° 1)

La Capella Reial de Catalunya, Hesperion XXI, Jordi SAVALL

erasmus van rotterdam éloge de la folie PointCulture mobile 1Jordi Savall nous a habitués à de splendides parutions qui ne se contentent pas de présenter des enregistrements de qualité mais proposent des albums très documentés et artistiquement illustrés.

Plusieurs de ces albums se présentent sous la forme d’un gros livre accompagné de CD, consacré à un thème (Orient-Occident par exemple) ou à un personnage remarquable (Christophe Colomb, Jeanne d’Arc…)

Cet album-ci est consacré à un personnage central de la Renaissance considéré comme « le prince des humanistes » : l’auteur de l’Éloge de la folie. Il s’agit bien sûr d’Érasme.

Des textes de l’auteur, dont l’Éloge de la folie, dits par trois récitants, entrecoupés par des musiques anciennes soigneusement choisies, originaires d’Orient et d’Occident, œuvres qui sont aussi rassemblées (sans texte) sur trois des six CD. Que des éloges à formuler pour toutes ces perles musicales et leurs interprètes sans faille ! Qualité irréprochable des enregistrements !

Le livre se laisse parcourir avec grand plaisir et nous fait découvrir cet homme exceptionnel au travers de quelques textes intéressants et de belles illustrations.

Je ne peux que recommander vivement ce bel objet qu’internet se révèle incapable de nous offrir. Pierrequiroule

(Disponibilité de ce média)

1913, la musique en ébullition

CLASSIQUE

sacre du printemps PointCulture mobile 1Le sacre du printemps a cent ans et est considéré aujourd’hui comme l’un des chefs-d’œuvre du XXème siècle. Au jour de sa création, le 29 mai 1913, à Paris au Théâtre des Champs-Elysées qui venait d’être inauguré, ce fut pourtant le scandale que l’on sait.

Cette œuvre particulièrement innovante de Stravinsky avait été composée pour les ballets russes, et Nijinsky, danseur étoile, en était le chorégraphe. Le public se déchaîna contre la musique et la chorégraphie dont le caractère « sauvage » avait de quoi choquer les âmes sensibles. L’aspect le plus novateur de cette œuvre était la prédominance de l’élément rythmique: l’orchestre entier se faisait rythme, évoquant un rite sacré païen de l’ancienne Russie. L’œuvre trouva pourtant rapidement le succès l’année suivante, lors d’une exécution en concert.

Béjart fera triompher la danse en 1959 sur cette même musique avec un ballet dont le succès n’a pas été démenti. Le célèbre chorégraphe fera de son ballet un hymne universel à la vie et à l’amour humain, contrairement à d’autres ballets qui mettront en scène la violence (Pina Bausch en 1975) ou même la destruction (Neumeier en 1972).

Autour du sacre, œuvre phare, la Cité de la musique à Paris organisait dernièrement une série d’événements (concerts, table ronde, forums …) consacrés aux œuvres musicales composées ou créées en 1913. Une année de rupture, annonçait l’intitulé du cycle.

L’idée m’est ainsi venue de mettre en perspective quelques œuvres importantes créées en 1913 au travers d’une discographie sélective (présente au PointCulture mobile 1). Comment les compositeurs abordent-ils le début de ce siècle à la veille de la première guerre mondiale ? On ne peut nier que certaines de ces œuvres annoncent les grands bouleversements du XXème siècle.

Si Stravinsky fait exploser le langage musical par le rythme, l’école de Vienne révolutionne la musique de manière toute différente. Wagner a préparé le terrain en menant le système tonal à ses limites. Arnold Schoenberg consomme la rupture et compose les premières œuvres « atonales » puis édifie le système dodécaphonique: une série des 12 sons de la gamme chromatique sert de base à chaque composition. Anton Webern et Alban Berg, élèves de Schoenberg suivront cette même voie.

Pierrot lunaire PointCulture mobile 1En trichant un peu sur la date – suivant d’ailleurs le programme de la Cité de la musique – le Pierrot lunaire, œuvre phare de Schoenberg (création à Berlin en octobre 1912), est caractérisée par le « sprechgesang ». Le « parlé-chanté », ainsi que l’instrumentation particulière conviennent parfaitement à l’atmosphère des 21 poèmes d’ Albert Giraud (poète belge), traduits en allemand dans cette version musicale.

Berg et Webern cherchent à concentrer l’expression musicale dans la brièveté et l’absence de répétition: Quatre pièces pour clarinette et piano, op.5 (Berg) ; Six bagatelles pour quatuor à cordes op.9 et Cinq pièces pour orchestre, op.10 (Webern). Dans cette dernière œuvre, Webern utilise la technique de la mélodie de timbres (klangfarbenmelodie) dans laquelle une succession de timbres différents (donnés par des instruments différents) peut être assimilée à une mélodie.

Jeux Debussy PointCulture mobile 1Parmi les compositeurs français, Debussy mérite un place de choix au sein des créateurs de musiques nouvelles. Il est d’ailleurs considéré comme le premier grand compositeur moderne. A sa manière, Jeux, poème dansé, créé le 15 mai 1913 au Théâtre des Champs-Elysées, bouscule la structure et la notion de temporalité de l’œuvre musicale. Fascinante, cette musique nous promène dans des atmosphères changeantes et fantasques pleines de surprises. C’est encore le célèbre Nijinsky qui en était le chorégraphe et le danseur vedette.

D’ autres compositions importantes de 1913 seront évoquées dans un prochain article.  Pierrequiroule

Discographie sélective

Stravinsky : Le sacre du printemps

Igor Markevitch Sacre du Printemps PointCulture mobile 1
ES8400  (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Igor Markevitch
Philharmonia Orchestra, 1951 et 1959

Pierre Monteux Sacre du Printemps PointCulture mobile 1
ES8340
 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Pierre Monteux
Boston Symphony Ochestra, 1951

Stravinsky Sacre du Printemps PointCulture mobile 1
ES8248
  (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Stravinsky
Columbia Symphony Orchestra, 1960

Pierre Boulez Sacre du Printemps PointCulture 1
ES8373
 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Pierre Boulez
Cleveland Orchestra, 1969

….

Karajan Sacre du Printemps  PointCulture mobile 1
ES8359
 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Karajan
Berliner Philharmoniker, 1986

1111

Riccardo Chailly Sacre du Printemps PointCulture mobile 1
ES8372
 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Riccardo Chailly
Cleveland Orchestra, 1985

111

Esa-Pekka Salonen Sacre du Printemps
ES8334 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Esa-Pekka Salonen
Los Angeles Philharmonic Orchestra, 2006

Mariss Jansons Sacredu Printemps PointCulture mobile 1
ES8171 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Mariss Jansons
Royal Concertgebouw Amsterdam, 2007

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Schoenberg: Pierrot lunaire

Yvonne Minton Pierre Boulez Pierrot Lunaire PointCulture mobile 1
ES2659 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Yvonne Minton (soprano) et Pierre Boulez
Ensemble Intercontemporain

1..

Christine Schäfer Pierre Boulez Pierrot Lunaire PointCulture mobile 1
ES2675 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Christine Schäfer (soprano) et Pierre Boulez
Ensemble Intercontemporain

Marianne Pousseur  Philippe Herreweghe Pierrot Lunaire PointCulture mobile 1…1
ES2669 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Marianne Pousseur (soprano) et Philippe Herreweghe
Ensemble Musique Oblique

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Webern: Cinq pièces pour orchestre op.10

Boulez Webern  Cinq pièces pour orchestre PointCulture mobile 1
EW2824  FA0021 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Pierre Boulez
Ensemble Intercontemporain

Christoph Von Dohnanyi Webern PointCulture mobile 1
EW2565 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Christoph Von Dohnanyi
Cleveland Orchestra

Sinopoli Webern PointCulture mobile 1
EW2566  (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Sinopoli
Staatskapelle Dresden

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Berg : Quatre pièces pour clarinette et piano

Berg Kremerata Musica  PointCulture mobile 1..
EA2014  (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Kremerata Musica

Berg Sabine Meyer Lars Vogt PointCulture mobile 1
DB7575   (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Sabine Meyer  Lars Vogt

Berg  Pay Barenboim  PointCulture mobile 1
EB5484  (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Anthony Pay et Daniel Barenboïm
Ensemble Intercontemporain

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Dabussy : Jeux

Debussy Jeux Boulez PointCulture mobile 1
ED3108 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Boulez
Cleveland Orchestra

Debussy Jeux Ansermet PointCulture mobile 1
ED3100 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Ansermet
Orchestre de la Suisse Romande

Debussy Jeux Deneve PointCulture mobile 1
ED3177 (Mise en évidence au PointCulture mobile N° 1)
Deneve
Scottish National Orchestra

A suivre…

Sélection 2012 : Musique Classique

2012-vert pale

À l’aube de 2013, nous pouvons jeter un oeil dans le rétroviseur.

Voici donc nos coups de coeur 2012.

Si vous êtes passés à côté de ces médias, peut-être est-ce le moment de les (re)découvrir… L’équipe du discobus 4

SÉLECTION 2012 ..MUSIQUE CLASSIQUE

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johann_sebastian_bach_isabelle_faust_sonatas_partitas discobus4BB1439

Johann Sebastian BACH

« Sonatas & Partitas Vol 2 »

Interprète : Isabelle FAUST

fryderyk_chopin_scherzos_piano_nocturnes discobus4DC6135  (Voir chronique)

Fryderyk CHOPIN  (+ LISZT et RAVEL)

« Scherzos pour piano 1-4  / 3 nocturnes »

Piano : Benjamin GROSVENOR

arnold_schoenberg_brahms discobus4ES2204. (Voir chronique)

Arnold SCHOENBERG

« Œuvres de Schoenberg »e Schoenberg«

Berliner Philharmoniker : Simon RATTLE

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maurice_ravel_gaspard_de_la_nuit_miroirs_pavane_pour_une_infante_defunte discobus4ER2679

Maurice RAVEL

« Miroirs / Gaspard de la nuit / Pavane pour une infante défunte »

Piano : Anna VINNITSKAYA

claude_debussy_oeuvres_pour_orchestre discobus4ED3177   (Voir chronique)

Claude DEBUSSY

« Oeuvres pour Orchestre »

Royal Scottish Orchestra : Stéphane DENEVE

thierry_escaich_nuits_hallucinées_barque_solaire_concerto_pour_violon discobus4FE9416

Thierry ESCAICH

« Nuits hallucinées / Barque solaire / Concerto pour violon »

Orgue : Thierry ESCAICH

sofia_gubaidulina_in_tempus_praesens discobus4FG9074  (Voir chronique)

Sofia GUBAÏDULINA

« In tempus praesens – Glorious Percussion »

Violon : Vadim GLUZMAN

christina_pluhar_los_pajaros_perdidos discobus4GA7980

LOS PAJAROS PERDIDOS 

« L’Arpeggiata »

The South American Project : Christina PLUHAR

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Et les artistes disparus en 2012…

dietrich_fischer_dieskau discobus4GC6184  (Voir chronique)

Dietrich FISCHER-DIESKAU

« The Art Of Fisher-Dieskau »

Baryton : Dietrich FISCHER-DIESKAU

montserrat_figueras discobus4GC3218   (Voir chronique)

Montserrat FIGUERAS

« La voix de l’émotion »

Soprano : Montserrat FIGUERAS

kathleen_ferrier_complete_emi_recordings discobus4GC4479

Kathleen FERRIER

« The Complete EMI Recordings »

Contralto : Kathleen FERRIER

Claude DEBUSSY (1862-1918): 150ème anniversaire

CLASSIQUE 

Chose promise, chose due, Debussy est à l’honneur au discobus 4. L’année 2012 ne pouvait s’achever sans rendre hommage à ce génial compositeur qui a joyeusement bousculé les règles de la musique de son temps. Prélude à l’après-midi d’un faune composé en 1894 est généralement considéré comme la première œuvre moderne. Le XXème siècle est tout proche et verra d’autres bouleversements.

Peut-on parler d’une révolution à propos de la musique de Debussy? Sans doute, dans la mesure où le compositeur recherche une harmonie nouvelle libérée des règles, des académismes.

Sa musique rompt avec les constructions, les structures du passé et heurte en cela les conservateurs de son époque, mais elle le fait dans la recherche de beautés nouvelles (comme le disait Romain Rolland), sans les tensions et les angoisses exacerbées qui caractériseront beaucoup d’œuvres du XXème siècle. Cependant, certaines pièces font exception comme le violent prélude Ce qu’a vu le vent d’ouest, véritablement explosif.

Il y a dans la musique de Debussy une quête d’un idéal sonore souvent en relation avec des images, des sensations, qui le rend proche de poètes comme Verlaine, Baudelaire. Le timbre occupe désormais une place capitale dans la musique (Berlioz avait de ce point de vue, préparé le terrain). Cette musique raffinée, sensuelle qui va chercher parfois des influences en Orient, possède un pouvoir d’évocation au sens fort, magique du terme notamment des éléments de la nature. La mer en est sans doute l’exemple le plus célèbre. « N’écoute les conseils de personne, sinon du vent qui passe et nous raconte les histoires du monde », écrivait Debussy.

Ses compositions donnent l’impression d’une grande liberté échappant au temps linéaire et structuré des classiques mais en même temps elle répond à une logique interne. Le compositeur fixe lui-même les règles et chaque œuvre possède une structure et une unité qui lui est propre.

Relativement limitées en nombre, les oeuvres de Debussy permettent plus facilement de se livrer au jeu des comparaisons entre interprètes. Vous trouverez donc dans le choix proposé plusieurs versions de la plupart des œuvres. Diverses approches et des tempéraments bien différents révèlent d’autant mieux la richesse de ses chefs-d’œuvre.

Par exemple, écoutez sans hésiter les préludes par Michelangeli, ce merveilleux pianiste que j’ai déjà évoqué à plusieurs reprises et comparez avec le jeu de Claudio Arrau ou de Samson François… . Et puis, il faut compter aussi depuis peu avec la nouvelle version du pianiste Philippe Bianconi qui aura marqué de son empreinte cet anniversaire. Et pour l’orchestre, Stéphane Denève nous aura également surpris agréablement avec le Royal Scottisch Orchestra (voir article précédent). Boulez, Munch, et bien d’autres nous offrent d’autres références.

Plusieurs belles versions aussi de son opéra Pelléas et Mélisande inspiré par l’œuvre du poète belge Maurice Maeterlinck. Sans oublier la musique de chambre, notamment le très beau quatuor.

Je vous souhaite beaucoup de plaisir à l’écoute de la musique de Debussy et de quelques-uns parmi ses interprètes les plus inspirés.  Pierrequiroule

.Claude DEBUSSY « Oeuvres pour orchestre »

Chandos, 2012

ED3177 (Disponible au Discobus 4)

Royal Scottish Orchestra …..  Direction : Stéphane Denève

Dès les premières mesures de Gigues (Images pour orchestre), j’ai été captivé par cette version des œuvres pour orchestre de Debussy. Stéphane Denève dit éprouver une réelle passion pour cette musique et cela s’entend. Je n’ai pu m’empêcher d’écouter d’une traite les deux CD de cet album fascinant. Le célèbre orchestre écossais y brille de tout ses feux et mérite le compliment d’un critique du London Times « …le meilleur orchestre français au nord de Calais »!

Un peu comme un bouquin qu’on n’ arrive pas à quitter, la musique de Debussy jouée de cette manière a le pouvoir de soutenir l’attention, le désir irraisonné d’aller toujours plus loin dans la découverte de son univers sonore. Qu’il s’agisse d’œuvres maîtresses comme La mer ou moins connues comme Printemps (œuvre de jeunesse), la séduction, la fascination opèrent sous la baguette (magique?) du chef français.

-On est loin pourtant d’un Debussy impressionniste aux lignes floues, fondues. « Je pense – c’est Stéphane Denève qui parle -, que chez Debussy, tout s’entend, que tout est langage, et qu’il faut privilégier la transparence, la fraîcheur des timbres (les bois sont souvent prédominants), la vitalité et la précision rythmique ». Et encore : « Je crois en un Debussy théâtral, sensuel, visuel, chantant, allant, où toutes les lignes s’entendent, où rien n’est noyé, sinon dans des pianissimi évocateurs et fertiles… ». Une profession de foi pleinement rencontrée dans cette magnifique réalisation à laquelle le Diapason d’Or a d’ailleurs été attribué par le célèbre magazine. Un très bel hommage aussi à ce compositeur génial né en 1862, fêté dignement pour le 150ème anniversaire de sa naissance.

Stéphane Denève, né à Tourcoing en 1971, est actuellement reconnu internationalement comme un des meilleurs chefs d’orchestre de sa génération. Je vous recommande aussi l’écoute des autres enregistrements de ce chef talentueux, présents à la Médiathèque, notamment un album avec des œuvres de César Franck (DF7536), deux albums consacrés à Roussel (ER8472 et ER8484) et un autre à un jeune compositeur français, Guillaume Connesson (FC6820), déjà commenté sur ce blog (voir l’article).

L’Orchestre de Liège l’a accueilli en 2003 pour enregistrer des concertos de Poulenc avec Franck Braley et Eric Lesage (EP7410)

Bon, et si on réunissait quelques interprètes fameux de la musique de Debussy avant que l’année 2012 ne s’achève ?… Ok, je m’en occupe; c’est pour bientôt, au discobus 4.    Pierrequiroule

(Disponibilité de ce CD)

Richard WAGNER « Tristan Und Isolde »

EMI, 1952 et DGG, 1982

CLASSIQUE….. ROMANTIQUE

ENREGISTREMENTS LEGENDAIRES

DW2107 (Disponible sur demande) (Wilhelm Furtwängler)

DW2112 (Disponible au Discobus 4) (Carlos Kleiber)

Dans un article précédent(lire cet article), j’évoquais le pianiste italien Michelangeli et son mémorable enregistrement des ballades de Brahms à propos d’une réédition chez DGG. Un CD magnifique qui reprenait également une sonate de Schubert et une sonate de Beethoven.

Je voudrais évoquer cette fois une autre réalisation exceptionnelle, profitant de sa présence actuelle au discobus dans le cadre de l’hommage à Dietrich Fischer-Dieskau. Il s’agit d’un enregistrement réalisé en 1952 de l’opéra de Richard Wagner: Tristan et Isolde d’après une légende d’origine celtique. Fischer-Dieskau n’en est pas la vedette principale : il incarne le personnage de Kurwenal, l’écuyer de Tristan.

Wilhelm Furtwängler, considéré comme un des plus grands chefs d’orchestre du XXème siècle, est à la tête de l’orchestre Philharmonia et les deux personnages principaux sont interprètés par Ludwig Suthaus et Kirsten Flagstad, inoubliables chanteurs wagnériens de l’époque.

La musique de Richard Wagner absolument bouleversante, est un sommet de l’histoire de l’opéra et et cette version restera une référence dans l’histoire du disque.

Alors n’hésitez pas à emprunter ce chef-d’œuvre absolu. Vous pourrez même vous procurer aussi une autre version plus récente dirigée en studio, par un autre chef exceptionnel : Carlos Kleiber qui magnifie surtout un orchestre somptueux avec en prime, une prise de son (en studio) splendide. Ce n’est plus l’époque des grandes voix wagnériennes mais c’est tout de même très beau. Et, surprise, nous retrouvons Fischer-Dieskau qui, trente ans plus tard chante à nouveau le rôle de Kurwenal.

Je reviendrai prochainement sur la personnalité de Carlos Kleiber.

Bonne écoute !. PD

(Disponibilité de ces CD : par Furtwängler   par Kleiber